Pourquoi le gluten n’est bon pour personne.

Pourquoi le gluten n’est bon pour personne.

« D’après une étude, un régime sans gluten serait nocif pour ceux qui ne seraient pas intolérants ». C’est le titre d’un article posté dans le Demotiveur food.

« Aucune relation notable entre consommation de gluten et infarctus du myocarde pour les personnes qui ne souffrent pas de maladie cœliaque. »

C’est la conclusion d’une étude publiée dans le BMJ, permettant à la journaliste, Olivia K, d’écrire au sujet des régimes sans/pauvre en gluten que ceux-ci sont « (Cet) effet de mode, basé sur aucun réel fondement scientifique ou médical » et de conclure « en dehors des personnes qui sont intolérantes au gluten, le régime ne semblerait en effet être d’aucune utilité pour les autres… Pire encore, il serait même déconseillé ! ».

Sans aucun réel fondement scientifique ou médical?

De la colle.

Le gluten est constitué de différentes protéines qui jouent un rôle de glu, d’où son nom. Son effet liant permet la panification. Il est exact que la maladie cœliaque, auto-immune, ne fait plus aucun doute et que l’existence d’une intolérance non cœliaque est débattue.

La maladie cœliaque est une allergie au gluten: le système immunitaire est mobilisé dès l’ingestion de cette protéine, entraînant une maladie auto-immune.

L’intolérance au gluten ne mobilise pas le système immunitaire. Les personnes sensibles vont avoir des manifestations variées après l’ingestion de gluten mais sans implication de leur système immunitaire. Les déclencheurs d’intolérances alimentaires les plus fréquents sont le lactose, le gluten, l’alcool et certaines molécules naturellement présentes dans les aliments (histamine, tyramine, salicylates).

Le débat est-il encore de mise?

Les dernières publications font pencher fortement la balance vers une existence bien réelle de l’intolérance au gluten. En effet, on a découvert que la gliadine (une des protéines constituant le gluten) augmente la zonuline.

Je n’essaye pas de te perdre, hein 😉

La Zonuline est une protéine inflammatoire proche de la toxine du choléra, découverte en 2000 à l’École de Médecine de l’Université du Maryland, par Alessio Fasano. La zonuline entraîne une ouverture des jonctions serrées entre les cellules de la paroi intestinale.

Tu sais, ces jonctions qui doivent être serrées pour empêcher le passage dans ton organisme de produits mal digérés. La zonuline entraîne donc une perméabilité intestinale appelée Leaky gut et responsable de déclenchements de réactions immunitaires et de nombreuses intolérances alimentaires.

Une étude publiée en 2012 dans le American Journal of Gastroenterology, conclut à l’existence de l’intolérance non cœliaque au gluten.

Intolérance au gluten.

Une étude en double aveugle, publiée en 2016, montre que sur les 134 patients souffrant de troubles digestifs fonctionnels, 101 sont améliorés par un régime sans gluten. Ensuite, 98 d’entre eux ont été soumis à une exposition au gluten: 28 d’entre eux ont eu une rechute.

« Troubles digestifs fonctionnels »: c’est toi, c’est moi (avant):

  • ballonnements,
  • douleurs abdominales,
  • troubles du transit (pour les plus chanceux: c’est facile de faire le lien, du coup)
  • mais aussi nausées (moins intuitif comme symptôme) et céphalées (allez donc faire le lien entre vos maux de tête récurrents et votre intolérance au gluten!)
  • ainsi que… intolérances alimentaires à rallonge!

Dans une étude iranienne de 2015, on observe qu’une proportion importante de 72 patients souffrant de colopathie est en fait sensible au gluten.

Une étude australienne montre une chute significative de l’humeur – objectivée par le Spielberger State Trait Personality Inventory (STPI) – lors d’une étude en double aveugle gluten/placebo chez des patients ayant des troubles digestifs fonctionnels.

Alors, « Sans aucun réel fondement scientifique ou médical »?

Note également…

L’étude du BMJ ne traite que de la non corrélation entre gluten et infarctus. Un peu le problème de la médecine actuelle: chaque spécialité se contente de regarder l’organe qui lui importe, oubliant que la personne est un tout.

Il n’apporte peut-être pas de bénéfice au niveau de la santé cardiovasculaire. Mais l’étude ne permet pas d’affirmer qu’il n’apporte pas de bénéfices sur la santé gastro-intestinale ou cérébrale, par exemple.

Or, quand on voit la relation entre gliadine et zonuline, un régime pauvre/sans gluten semble être bénéfique à la santé gastro-intestinale de tout un chacun. Et lorsqu’on connaît la relation entre intestins et immunité, intestins et cerveau… il n’y a plus de doute sur les bénéfices globaux d’un régime pauvre/sans gluten.

Ensuite, « Et la réduction de la consommation de grains entiers, qui piègent le cholestérol et ainsi diminuent les risques de maladies cardiovasculaires, peut exposer celles et ceux qui refusent de consommer du gluten, à s’y exposer au contraire davantage ».

Et quoi? Il n’y a pas de fibres dans les céréales et pseudo-céréales sans gluten?

Petite information pratique, c’est la pectine qu’on retrouve dans la peau de nos bonnes vieilles pommes (mange la peau des fruits, quand ils sont BIO) qui emprisonne le mieux le cholestérol dans ces mailles.

« En dehors des personnes qui sont intolérantes au gluten, le régime ne semblerait en effet être d’aucune utilité pour les autres… Pire encore, il serait même déconseillé ! »

Soutenir une thèse et confondre deux notions primordiales…

Je suppose que la journaliste confond « maladie cœliaque » et « intolérance ». Ou alors, entre le moment où elle écrivait qu’il n’y a aucune preuve scientifique de l’existence de l’intolérance au gluten et la conclusion de son article, elle a changé d’avis… allez savoir.

Note également un net adoucissement entre le titre racoleur (destiné à faire des vues sur le net, ce n’est pas pour rien que je l’ai repris à mon compte 😉 ) et la conclusion.

Le premier nous disait que « D’après une étude, un régime sans gluten serait nocif pour ceux qui ne seraient pas intolérants » (elle confond définitivement intolérance et allergie).

Mangeons du bon blé transgénique. Parce que le souci du blé moderne, c’est finalement ça: être passé de 14 chromosomes à 49 en 50 ans. Ne pas le faire revient à mettre nos vies, nous qui ne sommes pas cœliaques, en danger.

Mais en conclusion, finalement, l’éviction du gluten ne nous serait plus que déconseillée… va comprendre.

Est-ce vraiment déconseillé?

De plus en plus de personnes se retrouvent dans les salles d’attentes des allergologues. Elles en sortent dépitées avec une liste d’intolérances alimentaires longue comme mon bras. Et la question se pose: qu’est ce qu’on met dans le frigo?

On fait quoi, finalement?

Je rejoins, ici, la conclusion de l’article: « à nous d’ouvrir l’œil » sur nos inconforts digestifs (ou autres) et d’essayer de faire des liens.

Si tu sors de chez votre allergologue avec une liste d’intolérances (j’insiste: intolérances, pas allergies!) énorme, pense peut-être à un Leaky gut syndrôme.

Traite-le par l’éviction des:

  • aliments riches en gluten (qui augmentent la zonuline chez tout le monde),
  • produits laitiers (qui ont le même effet mais par un autre mécanisme),
  • aliments industriels riches en additifs et colorants.

Répare ton intestin:

  • alimentation saine et biologique, riche en polyphénols, en oméga 3
  • plus végétale qu’animale,
  • probiotiques
  • Glycérophosphate de magnésium
  • Vitamine D le soir
  • Glutamine

Dès la muqueuse intestinale réparée, il y a de fortes chances pour que les intolérances alimentaires se réduisent 🙂 Et que tu retrouves plus d’énergie et de confort digestif!

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